Québec, 27 septembre 2024 – Cinq ans après les manifestations historiques de 2019, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Québec, répondant à l’appel lancé depuis plusieurs semaines par la Coalition régionale pour la justice climatique et sociale. La manifestation a débuté au parc des Braves avant de se diriger vers l’Assemblée nationale pour un grand rassemblement. Le message, adressé à tous les paliers de gouvernement, était clair : il faut accélérer la transition !
Records de chaleur et intempéries sans précédent
Alors qu’au Québec, l’été 2023 a été marqué par des records d’hectares de forêts décimées par des incendies, l’été qui vient de se terminer a été caractérisé par des pluies diluviennes causant des inondations dans plusieurs villes du Québec. De plus, l’année écoulée a battu le record de chaleur global. Selon l’observatoire Copernicus, la température mondiale a augmenté de 1,58 °C par rapport à l’ère industrielle, alors que le GIEC nous exhortait à ne pas dépasser 1,5 °C.
« La situation est plus urgente que jamais. Qu’il s’agisse de la hausse des prix des aliments de base, du stress causé par les catastrophes climatiques ou des problèmes de santé liés aux vagues de chaleur, la population est de plus en plus affectée par la crise environnementale. Il faut continuer à faire passer le message jusqu’à ce que les différents paliers de gouvernement cessent de se renvoyer la balle et prennent leurs responsabilités en matière de transition et de mesures sociales ! », tonne Naélie Bouchard-Sylvain du RÉPAC 03-12.
Des mobilisations partout au Québec
La manifestation de ce vendredi s’inscrit dans un vaste élan de mobilisation, le mouvement Pour la suite du monde, marquant le 5e anniversaire de la venue de Greta Thunberg au Québec. « En 2019, la population du Québec avait massivement pris la rue pour réclamer des changements structurels. Bien qu’il y ait eu certaines avancées, elles restent largement insuffisantes ! Alors que la crise environnementale s’intensifie et devient de plus en plus complexe, la réponse des gouvernements demeure d’une lenteur inacceptable. Cela nous coûte déjà collectivement des milliards de dollars en adaptation et en réparation, et la situation ne fera qu’empirer l’an prochain. Ce n’est pas un hasard si des manifestations ont lieu dans une vingtaine de villes au Québec. La population est mécontente, et il est impératif de prioriser la sortie des énergies fossiles ! » déclare Anaïs Gousse, de l’Association des étudiantes et étudiants en sciences sociales de l’Université Laval (AÉSS).
Une transition énergétique empreinte de justice
La transition énergétique doit impérativement être porteuse de justice sociale. Elle doit favoriser une plus grande équité dans la société, et non continuer à enrichir les actionnaires et multinationales responsables de la dégradation de l’environnement.
« Ce n’est pas à la population de payer les frais des bouleversements climatiques que les scientifiques annoncent depuis des décennies, alors que les gouvernements restent passifs. Nous avons besoin d’investissements massifs dans les services publics et les programmes sociaux pour renforcer le filet social. De même, les travailleurs et les travailleuses doivent être impliqués et partie prenante de la transition de leurs milieux de travail vers des technologies soutenables au plan écologique. Et surtout, ces mesures doivent être financées en prenant l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire dans les poches des ultra-riches qui continuent de s’enrichir aux dépens de la population. C’est cela, une transition juste », clame François Proulx-Duperré du Conseil central Québec et Chaudière-Appalaches (CSN).
Pression sur tous les paliers de gouvernement
La Coalition souhaite accentuer la pression sur tous les niveaux de gouvernement. Les élu.e.s doivent aller au-delà des querelles partisanes et cesser de se renvoyer la responsabilité. « Ça suffit les belles paroles, les excuses et le greenwashing. Marchand, Legault, Trudeau, on vous voit venir. Nous ne sommes pas dupes et nous ne lâcherons rien », conclut Naélie Bouchard-Sylvain du RÉPAC 03-12.