Le 1er octobre dernier, nous étions plusieurs groupes sociaux et communautaires à venir dénoncer l’accentuation de la répression policière dans la Ville de Québec lors d’une conférence de presse. Suite à celle-ci, nous nous sommes déplacés au conseil municipal pour partager des témoignages et nos expériences sur ces pratiques policières inacceptables qui ciblent de façon disproportionnée les personnes racisées, les personnes en situation d’itinérance et les personnes qui manifestent. Lors de la période de questions, nous avons interpellé Marie-Josée Asselin, conseillère responsable des dossiers policiers pour l’administration Marchand, afin qu’elle prenne acte des pratiques discriminatoires de la police et agisse en conséquence.
C’est avec la langue de bois et une froide indifférence que nous avons été accueillis par la conseillère Marie-Josée Asselin. Alors qu’une personne racisée témoignait des interpellations injustifiées dont elle a été victime, Madame Asselin a invalidé l’expérience de cette personne et a affirmé que de tels comportements ne faisaient pas partie des valeurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Elle a par la suite réitéré sa confiance dans celui-ci et s’est déresponsabilisée de son rôle.
Chaque fois que l’élue municipale responsable des dossiers policiers et de la sécurité civile est confrontée à une question sur la répression effectuée par le SPVQ, elle se contente d’en déférer au service de police, affirmant que la Ville ne peut pas intervenir puisqu’une séparation doit subsister entre le pouvoir politique et le pouvoir de la police. La séparation des pouvoirs (que nous jugeons également importante, par ailleurs) n’est pas une justification adéquate de la part de la Ville pour se déresponsabiliser de son devoir de protéger les droits des citoyens et citoyennes. Autrement dit, en tant qu’institution publique et employeur, la Ville doit prendre ses responsabilités et s’assurer que les pratiques du service de police de la Ville de Québec ne bafouent pas les droits des citoyen·nes. Nier le vécu d’une personne qui dit être victime de profilage politique et raciale ne relève pas de la séparation des pouvoirs, mais du mépris. Ça suffit l’impunité policière et l’aveuglement volontaire du politique!
Naélie Bouchard-Sylvain, Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12)
Josyanne Proteau, Ligue des Droits et Libertés section Québec
Felix Marois, BAIL
Imen Yenni, Palestine Québec