Il y a un peu plus d’un an, le service de police de la ville de Montréal (SPVM) interdisait à ces agents de police de porter l’écusson “Thin blue line” puisque ce symbole avait été contaminé par l’extrême-droite et véhiculait un propos raciste et haineux. À ce sujet, le Code de déontologie des policiers du Québec est très clair: Les policiers ont un « devoir de neutralité politique dans l’exercice de leurs fonctions, […] le devoir d’impartialité dans l’exercice de leurs fonctions […] . » La loi indique donc d’emblée que le port de ce genre de symbole est proscrit.
Or, aujourd’hui j’ai croisé, avec stupéfaction, huit policiers du Service de police de la Ville de Lévis qui portaient tous l’écusson “Thin blue line” bien en évidence. Il est inacceptable que des policiers portent un emblème de haine et d’intolérance, sans compter qu’il peut être extrêmement intimidant d’être interpellé par un policier abordant un symbole ouvertement raciste. Cela rajoute au stress déjà existant pour les personnes qui subissent du profilage racial.
Comment la Ville de Lévis peut-elle tolérer cette prise de position politique de la part de son service de police ? Comment le Service de police de la Ville de Lévis peut-il être aussi insensible à l’image hostile envers les personnes racisées qu’elle dégage ?
Alors que nous sommes dans un contexte où de plus en plus de pays occidentaux basculent vers l’extrême droite et entretiennent des discours haineux et intolérants, il faut à tout prix sévir contre des symboles tels la “Thin Blue Line” qui entretiennent et décomplexifient le racisme, et ce, surtout quand ils sont portés par la police.
Naélie Bouchard-Sylvain
Coordonnatrice au Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches