Les élections passent, la démocratie reste... à construire !

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Nos revendications pour un Québec plus démocratique !
(cliquer sur la revendication pour lire le texte de présentation)

1. L’application véritable de nos droits sociaux et économiques par des services publics de qualité et accessibles à tout le monde et par des programmes sociaux financés adéquatement.

2. Une meilleure redistribution de la richesse et une fiscalité plus équitable !

3. Le droit à l’information et à l’éducation !

4. Le droit à la participation… et à la résistance !

5. Le droit à l’égalité pour les femmes et pour les minorités !

6. Le droit à un environnement naturel et social qui assure un avenir viable pour tout le monde !

7. Le droit à la dignité et au respect de l'intégrité morale et physique des personnes !

 

 

1. L’application véritable de nos droits sociaux et économiques par des services publics de qualité et accessibles à tout le monde et par des programmes sociaux financés adéquatement.

Sur papier, les QuébecoisES ont tous les mêmes droits. Dans les faits toutefois, on constate que tout le monde est égal… mais que certains le sont plus que d’autres ! Pour assurer une réelle égalité – et surtout l’égalité des chances – il n’y a pas de recette magique et rien ne saurait remplacer des services publics de qualité et accessibles à tout le monde. Puisqu’on ne naît pas égaux et qu’un des objectifs de la démocratie doit être de donner la même chance à tous les coureurEs, nous revendiquons des programmes
sociaux financés adéquatement.

Dans le contexte actuel, la privatisation des services publics avance rapidement ! Nous l’avons vu récemment avec les partenariats publics/privés et la privatisation progressive du système de santé. Malgré ce qu’en disent les puissants de ce monde, un service privé est moins démocratique qu’un service
public. Alors que le service privé vise d’abord et avant tout à engranger des profits, le service public est conçu pour être universel et pour être offert sur un pied d’égalité à tout le monde, indépendamment des moyens de payer de chacunE.

Un autre aspect démocratique des services publics se situe dans la réponse à une question bien simple : qui décide ? Qui décide du type de services offerts, des priorités budgétaires et, plus simplement, de l’accessibilité aux services ? Dans le cas du service privé, c’est bien entendu les actionnaires et
les gestionnaires qui comptent sur leur prime au rendement. Dans le cas du service public, c’est la collectivité qui fait des choix, malgré toutes les imperfections que ça implique ! (Haut de page)

2. Une meilleure redistribution de la richesse et une fiscalité plus équitable !

La pauvreté discrimine, stigmatise, écrase et exclut… La pauvreté demeure une barrière majeure à l’exercice de la citoyenneté, c’est un croc-en-jambe à l’implication sociale et politique des personnes, à leur participation à la vie démocratique. Au Québec, c’est le cas pour les 500 000 personnes qui vivent
de l’aide sociale, pour les 140 000 personnes qui sont payées au salaire minimum et pour combien d’autres qui tirent le diable par la queue.

Comment ces personnes peuvent-elles participer pleinement à la démocratie quand, à chaque mois, elles sont rattrapées par la réalité des frigos vides, du casse-tête des comptes à payer et des préjugés qui marquent au fer rouge ? D’année en année, ces personnes s’appauvrissent, elles sont de plus en plus
mises à l’écart. Dans une société riche comme la nôtre, la pauvreté est avant tout un problème
de redistribution de la richesse. C’est en raison de choix politiques que les plus pauvres s’appauvrissent pendant que les plus riches s’enrichissent.

C’est par choix politique que les plus pauvres sont écrasés par des impôts déguisés, les hausses des tarifs, pendant que les plus riches profitent toujours des abris fiscaux, pendant que les entreprises contribuent de moins en moins à la richesse collective. La vapeur doit être renversée. Les inégalités sociales doivent être combattues afin que tout le monde ait la possibilité d’exercer pleinement sa citoyenneté. Donnons-nous les moyens nécessaires pour une société plus démocratique…

Redistribuons la richesse par une fiscalité plus équitable !

Jonathan Carmichael, ADDS-QM
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3. Le droit à l’information et à l’éducation !

Dans un système démocratique, le droit à l’éducation et à l’information représentent deux piliers primordiaux. Sans ces deux ingrédients, il est illusoire de penser que la population dispose de ce qu’il faut pour faire ses propres choix sans se faire piéger par la désinformation, la démagogie et le populisme.

Pour développer une pensée critique, l’accès à la formation et à l’information sont incontournables pour outiller la population afin de bien comprendre la société et de permettre des choix éclairés – entre autres lors des campagnes électorales. Les dernières années nous ont permis de constater l’érosion de la diversité
des points de vue présentés dans les médias. La mainmise de gigantesques entreprises sur les grands médias de moins en moins nombreux rime trop souvent avec désinformation. Lorsque les médias de masse couvrent systématiquement le Parti libéral, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec et ignorent les points de vue alternatifs portés par les mouvements sociaux ou encore des tiers partis comme Québec solidaire ou le Parti Vert, il n’est pas étonnant de constater que c’est la diversité et la démocratie qui en
sortent grandes perdantes. Les médias communautaires peuvent faire contrepoids à ce discours démagogique afin de constituer un espace de conscientisation pour la population.

L’actuel débat sur les frais de scolarité est une autre illustration d’un choix démocratique fondamental. Si on part du principe que tout le monde ne naît pas égal, l’accès à l’éducation est un puissant outil de démocratisation. Il est faux de prétendre que tout le monde est égal face à l’éducation. Quiconque a déjà travaillé à temps presque plein pour payer ses études comprend très bien les limites du système actuel.
La gratuité scolaire permet de niveler le terrain et de donner des chances égales à tout le monde pour les
examens de fin de session.

Hélène Nazon, Droit de Parole
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4. Le droit à la participation… et à la résistance !

Ce n’est pas parce qu’un parti a gagné les élections qu’il peut faire à sa tête en ignorant le
point de vue de la population. Les gens directement concernés par les décisions gouvernementales
devraient être systématiquement consultés et avoir leur mot à dire. Et si notre voix n’est pas
entendue, nous devrions avoir le droit de prendre les moyens nécessaires pour manifester notre opposition sans risquer de finir devant les tribunaux. C’est vrai pour les grands projets et ça l’est encore plus dans notre vie de tous les jours. Personne ne devrait être obligé de subir la vie comme si c’était une fatalité. Agir collectivement, c’est se donner les moyens de participer à la vie sociale.

Que ce soit dans un groupe de femmes, un syndicat ou une association étudiante, de locataires ou de retraités, un groupe de personnes assistées sociales, un comité d’usagers, un centre communautaire, une coopérative, un groupe d’achat – alouette ! – nous voulons, pouvons et devons prendre notre
place. Il est certain que ceux et celles qui se battent peuvent perdre… Mais il ne faut jamais oublier que ceux et celles qui ne se battent pas ont déjà tout perdu. C’est un pensez-y bien !

Nicolas Lefebre-Legault, Compop St-Jean-Baptiste
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5. Le droit à l’égalité pour les femmes et pour les minorités !

Le 8 mars dernier, les femmes se sont mobilisées sur le thème «Toute l’égalité et l’égalité pour toutes». Mais pourquoi parlons-nous encore d’égalité en 2007, après des décennies de luttes par le mouvement des femmes ? Le dernier mandat des Libéraux et les premières actions du gouvernement Harper rappellent l’importance d’être vigilantEs. Le gouvernement Charest avait par exemple « oublié » de nommer une Ministre déléguée à la condition féminine au début de leur mandat. Au fédéral, c’est Condition féminine
Canada qui est menacée, avec des coupures budgétaires de 40 %.

Sur le plan politique, l’égalité est loin d’être atteinte ! La nouvelle composition de l’Assemblée nationale en dit long : parmi les 125 députéEs, seulement 32 sont des femmes, soit 25 %... Sur le plan économique, l’écart est encore énorme sur le marché de l’emploi malgré les progrès de l’équité salariale et
du nouveau régime d’assurance parentale. Les femmes gagnent encore en moyenne 70 % du salaire des hommes et occupent en majorité des emplois très précaires et moins bien reconnus. Dans une société riche comme le Québec, les femmes assistées sociales continuent de vivre une situation de survie et à porter le poids des préjugés et du contrôle social dont elles sont victimes, ce qui explique une grande détresse physique et psychologique.

La violence conjugale est une autre lutte inachevée : même si cette violence est officiellement criminelle au Québec, les femmes sont encore victimes de toutes les sortes de violences. Nous n’avons qu’à penser aux 815 femmes et enfants tués par un proche depuis la tuerie de la polytechnique en 1989. Pendant ce temps, le corps des femmes et des jeunes filles est de plus en plus considéré comme une marchandise et utilisé à des fins commerciales !

Soyons donc clairs : la pauvreté, la violence, la discrimination et l’exploitation continuent à avoir un sexe ! Le capitalisme et le patriarcat aussi ! Bien des luttes attendent encore les femmes pour que leurs droits soient reconnus et respectés, et que l’égalité soit enfin une mission accomplie !

Anne-Valérie Lemieux-Breton, ROSE du Nord
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6. Le droit à un environnement naturel et social qui assure un avenir viable pour tout le monde !

Une société ne peut être jugée complètement démocratique si elle est incapable de se donner un projet de société sur le long terme. La démocratie dans laquelle nous vivons semble de plus en plus incapable d’adopter une vision qui dépasse un seul mandat électoral. L’État du Québec est géré à courte vue, dans les intérêts d’une minorité. C’est clairement l’environnement – autant naturel que social – qui en paie le prix et bien entendu les classes aisées se font rarement exproprier.

Notre modèle de développement a fait en sorte que les communautés sont ignorées dans les grands choix collectifs. L’actualité des dernières années fournit de nombreux exemples : les ports méthaniers, comme le projet Rabaska, la privatisation du mont Orford, les projets liés à l’hydro-électricité (comme la ligne
Hertel-Des-Cantons ou les mini-centrales) ou encore le développement des mégaporcheries. Dans tous ces cas, les communautés locales se sont fait passer sur le corps et les audiences publiques du BAPE sont apparues comme des opérations de marketing plutôt que des consultations «sincères».

Pourtant, les alternatives existent, que ce soit en matière d’énergie, d’agriculture, de gestion de nos forêts, de l’eau ou encore des ressources naturelles. Malheureusement, les intérêts économiques d’une minorité toute puissante continuent de faire fi de la volonté d’une vaste majorité de plus en plus consciente de l’importance de donner un coup de barre. Le Québec a encore des croûtes à manger pour que notre que modèle de développement soit plus viable et plus. démocratique ! (Haut de page)

7. Le droit à la dignité et au respect de l'intégrité morale et physique des personnes !

La démocratie implique l’accès aux services publics, mais ces services doivent être dispensés dans le respect de ce que nous sommes en tant que citoyenNE. La qualité des services publics (et c’est particulièrement vrai pour les servi-ces de santé) implique qu’ils soient dispensés dans le respect de ce
que nous sommes, en tant que citoyenNEs. Nous revendiquons le respect de notre intégrité physique, tel qu’inscrit dans les différentes lois actuellement en vigueur au Québec.

Nous avons pu constater des scandales répétés dans les soins dispensés aux personnes âgées et aux personnes recevant des traitements pour leur santé mentale. Le respect de cette intégrité physique implique que, sauf exception, nous ne recevrons pas de traitements forcés (ex. mesures de contrôle en santé mentale). Cela indique aussi que tout citoyenNE doit avoir la possibilité de consentir à tout traitement, soin, ou service, même lorsqu’on nous mentionne que « c’est pour notre bien », car nous sommes libres de décider de ce qui est bien pour nous.

Le respect de notre intégrité morale implique que nous serons traités en citoyenNEs libres de leurs choix ayant un vécu et une personnalité propre, et que les informations confidentielles nous concernant ne doivent pas être diffusées sans notre consentement. Pour y arriver, il est urgent bien entendu que les ressources nécessaires soient disponibles dans le réseau de la santé, mais aussi que nos conceptions de la santé changent pour le mieux !

François Winter, l’A-Droit
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