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1. L’application véritable de nos droits sociaux et économiques par des services publics de qualité et accessibles à tout le monde et par des programmes sociaux financés adéquatement. Sur papier, les QuébecoisES ont tous les mêmes droits. Dans
les faits toutefois, on constate que tout le monde est égal…
mais que certains le sont plus que d’autres ! Pour assurer une réelle
égalité – et surtout l’égalité
des chances – il n’y a pas de recette magique et rien ne saurait
remplacer des services publics de qualité et accessibles à
tout le monde. Puisqu’on ne naît pas égaux et qu’un
des objectifs de la démocratie doit être de donner la même
chance à tous les coureurEs, nous revendiquons des programmes Dans le contexte actuel, la privatisation des services publics avance
rapidement ! Nous l’avons vu récemment avec les partenariats
publics/privés et la privatisation progressive du système
de santé. Malgré ce qu’en disent les puissants de
ce monde, un service privé est moins démocratique qu’un
service Un autre aspect démocratique des services publics se situe dans
la réponse à une question bien simple : qui décide
? Qui décide du type de services offerts, des priorités
budgétaires et, plus simplement, de l’accessibilité
aux services ? Dans le cas du service privé, c’est bien entendu
les actionnaires et 2. Une meilleure redistribution de la richesse et une fiscalité plus équitable ! La pauvreté discrimine, stigmatise, écrase et exclut…
La pauvreté demeure une barrière majeure à l’exercice
de la citoyenneté, c’est un croc-en-jambe à l’implication
sociale et politique des personnes, à leur participation à
la vie démocratique. Au Québec, c’est le cas pour
les 500 000 personnes qui vivent Comment ces personnes peuvent-elles participer pleinement à la
démocratie quand, à chaque mois, elles sont rattrapées
par la réalité des frigos vides, du casse-tête des
comptes à payer et des préjugés qui marquent au fer
rouge ? D’année en année, ces personnes s’appauvrissent,
elles sont de plus en plus C’est par choix politique que les plus pauvres sont écrasés par des impôts déguisés, les hausses des tarifs, pendant que les plus riches profitent toujours des abris fiscaux, pendant que les entreprises contribuent de moins en moins à la richesse collective. La vapeur doit être renversée. Les inégalités sociales doivent être combattues afin que tout le monde ait la possibilité d’exercer pleinement sa citoyenneté. Donnons-nous les moyens nécessaires pour une société plus démocratique… Redistribuons la richesse par une fiscalité plus équitable ! Jonathan Carmichael, ADDS-QM 3. Le droit à l’information et à l’éducation ! Dans un système démocratique, le droit à l’éducation et à l’information représentent deux piliers primordiaux. Sans ces deux ingrédients, il est illusoire de penser que la population dispose de ce qu’il faut pour faire ses propres choix sans se faire piéger par la désinformation, la démagogie et le populisme. Pour développer une pensée critique, l’accès
à la formation et à l’information sont incontournables
pour outiller la population afin de bien comprendre la société
et de permettre des choix éclairés – entre autres
lors des campagnes électorales. Les dernières années
nous ont permis de constater l’érosion de la diversité L’actuel débat sur les frais de scolarité est une
autre illustration d’un choix démocratique fondamental. Si
on part du principe que tout le monde ne naît pas égal, l’accès
à l’éducation est un puissant outil de démocratisation.
Il est faux de prétendre que tout le monde est égal face
à l’éducation. Quiconque a déjà travaillé
à temps presque plein pour payer ses études comprend très
bien les limites du système actuel. Hélène Nazon, Droit de Parole 4. Le droit à la participation… et à la résistance ! Ce n’est pas parce qu’un parti a gagné les élections
qu’il peut faire à sa tête en ignorant le Que ce soit dans un groupe de femmes, un syndicat ou une association
étudiante, de locataires ou de retraités, un groupe de personnes
assistées sociales, un comité d’usagers, un centre
communautaire, une coopérative, un groupe d’achat –
alouette ! – nous voulons, pouvons et devons prendre notre Nicolas Lefebre-Legault, Compop St-Jean-Baptiste 5. Le droit à l’égalité pour les femmes et pour les minorités ! Le 8 mars dernier, les femmes se sont mobilisées sur le thème
«Toute l’égalité et l’égalité
pour toutes». Mais pourquoi parlons-nous encore d’égalité
en 2007, après des décennies de luttes par le mouvement
des femmes ? Le dernier mandat des Libéraux et les premières
actions du gouvernement Harper rappellent l’importance d’être
vigilantEs. Le gouvernement Charest avait par exemple « oublié
» de nommer une Ministre déléguée à
la condition féminine au début de leur mandat. Au fédéral,
c’est Condition féminine Sur le plan politique, l’égalité est loin d’être
atteinte ! La nouvelle composition de l’Assemblée nationale
en dit long : parmi les 125 députéEs, seulement 32 sont
des femmes, soit 25 %... Sur le plan économique, l’écart
est encore énorme sur le marché de l’emploi malgré
les progrès de l’équité salariale et La violence conjugale est une autre lutte inachevée : même si cette violence est officiellement criminelle au Québec, les femmes sont encore victimes de toutes les sortes de violences. Nous n’avons qu’à penser aux 815 femmes et enfants tués par un proche depuis la tuerie de la polytechnique en 1989. Pendant ce temps, le corps des femmes et des jeunes filles est de plus en plus considéré comme une marchandise et utilisé à des fins commerciales ! Soyons donc clairs : la pauvreté, la violence, la discrimination et l’exploitation continuent à avoir un sexe ! Le capitalisme et le patriarcat aussi ! Bien des luttes attendent encore les femmes pour que leurs droits soient reconnus et respectés, et que l’égalité soit enfin une mission accomplie ! Anne-Valérie Lemieux-Breton, ROSE du Nord 6. Le droit à un environnement naturel et social qui assure un avenir viable pour tout le monde ! Une société ne peut être jugée complètement démocratique si elle est incapable de se donner un projet de société sur le long terme. La démocratie dans laquelle nous vivons semble de plus en plus incapable d’adopter une vision qui dépasse un seul mandat électoral. L’État du Québec est géré à courte vue, dans les intérêts d’une minorité. C’est clairement l’environnement – autant naturel que social – qui en paie le prix et bien entendu les classes aisées se font rarement exproprier. Notre modèle de développement a fait en sorte que les
communautés sont ignorées dans les grands choix collectifs.
L’actualité des dernières années fournit de
nombreux exemples : les ports méthaniers, comme le projet Rabaska,
la privatisation du mont Orford, les projets liés à l’hydro-électricité
(comme la ligne Pourtant, les alternatives existent, que ce soit en matière d’énergie, d’agriculture, de gestion de nos forêts, de l’eau ou encore des ressources naturelles. Malheureusement, les intérêts économiques d’une minorité toute puissante continuent de faire fi de la volonté d’une vaste majorité de plus en plus consciente de l’importance de donner un coup de barre. Le Québec a encore des croûtes à manger pour que notre que modèle de développement soit plus viable et plus. démocratique ! (Haut de page) 7. Le droit à la dignité et au respect de l'intégrité morale et physique des personnes ! La démocratie implique l’accès aux services publics,
mais ces services doivent être dispensés dans le respect
de ce que nous sommes en tant que citoyenNE. La qualité des services
publics (et c’est particulièrement vrai pour les servi-ces
de santé) implique qu’ils soient dispensés dans le
respect de ce Nous avons pu constater des scandales répétés dans les soins dispensés aux personnes âgées et aux personnes recevant des traitements pour leur santé mentale. Le respect de cette intégrité physique implique que, sauf exception, nous ne recevrons pas de traitements forcés (ex. mesures de contrôle en santé mentale). Cela indique aussi que tout citoyenNE doit avoir la possibilité de consentir à tout traitement, soin, ou service, même lorsqu’on nous mentionne que « c’est pour notre bien », car nous sommes libres de décider de ce qui est bien pour nous. Le respect de notre intégrité morale implique que nous serons traités en citoyenNEs libres de leurs choix ayant un vécu et une personnalité propre, et que les informations confidentielles nous concernant ne doivent pas être diffusées sans notre consentement. Pour y arriver, il est urgent bien entendu que les ressources nécessaires soient disponibles dans le réseau de la santé, mais aussi que nos conceptions de la santé changent pour le mieux ! François Winter, l’A-Droit |